La première ordonnance de Hollande sur la mutualité Chose promise, chose due. Cet adage s’applique parfaitement contre François Hollande. Les professionnels de la mutualité et les Français tiennent le Président au mot. C’est d’ailleurs lui qui a promis devant le congrès de la Mutualité une complémentaire santé pour chacun en 2017.
Cependant, il est sommé de tenir sa promesse. Lors du congrès triennal auquel ont participé plus de 1.552 délégués de la Mutualité française (MF), François Hollande, fidèle ami de la famille, leur a offert un cadeau précieux. Il a proposé de «généraliser à l’horizon 2017 l’accès à une couverture complémentaire maladie de qualité ».
C’en était d’ailleurs la première ordonnance du président. Félicité de ce beau cadeau présidentiel, Etienne Caniard, le président de la MF, a argumenté la décision de Hollande par un bilan négatif : «De plus en plus nombreux sont les Français à renoncer à des soins faute de pouvoir cotiser à une mutuelle tandis que d’autres, découragés par les augmentations, la résilient». Un avis partagé par Hollande qui n’a pas tardé à critiquer dans le même sens l’alourdissement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance opéré par le précédent gouvernement.
Ce décret «qui a rendu plus difficile l’accès à une complémentaire santé » et qui donc sera « revu ». A ses mots le président de la République a demandé au gouvernement de «réorienter» les 4 milliards d’euros d’aides que consacre l’Etat à l’acquisition d’une complémentaire santé que seuls 650.000 Français parmi les plus modestes perçoivent, alors que 4 millions pourraient en bénéficier.
Par ailleurs, Hollande a fait le tour de la question de la santé et mutualité en évoquant le blocage des négociations actuelles sur les dépassements d’honoraires de certains médecins. Là , il hausse le ton pour faire pression sur les médecins mécontents qui désistent encore à l’accord.
« Il vaut mieux un bon accord qu’une loi incertaine mais, je le dis, il y aura une loi s’il n’y a pas d’accord », précise-t-il. Et d’ajouter que cette loi serait guidée par trois principes, à savoir le plafonnement des dépassements, l’amélioration de la protection sociale des médecins du secteur et le soutien à la médecine générale du secteur.
Ainsi, l’ordonnance de Hollande est prescrite avec deux tons : promesses et pressions.
Mais les mutualistes n’en prennent que le segment qui les intéresse, celui de la généralisation de la couverture médicale à l’horizon 2017.

