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L’ERREUR MÉDICAL - LES DESSOUS DE L’AFFAIRE MEDIATOR.

L’estimation du nombre de décès attribuables au MEDIATOR, du laboratoire Benfluorex-Servier, vacille entre 500 et 2.000 selon les études réalisées.

La question du nombre de morts est à l’origine du rebondissement de l’affaire en 2010 alors que le médicament avait été retiré du marché fin 2009.

Neuf anciens ministres et secrétaires d’Etat chargés de la santé entre 1992 et 2010 ont été auditionnés jeudi(05/05/2001) matin par la mission d’information sur MEDIATOR.A savoir, Jean-François Mattei (juin 2002-mars 2004), Philippe Bas (mars-mai 2007), Hervé Gaymard (novembre 1995-juin 1997), Elisabeth Guigou (juin 2000- juin 2002), Bernard Kouchner (avril 1992- mars 1993, juin 1997-juillet 1999, février 2001-mai 2002), Philippe Douste-Blazy (mars 1993-mai 1995 et mars 2004-juin 2005); Martine Aubry (juin 1997-octobre 2000); Jacques Barrot (novembre 1995-juin 1997); Roselyne Bachelot (mai 2007-novembre 2010).

Seul Bernard Kouchner a reconnu l’affaire comme « un échec personnel », Par ailleurs, et concernant l’information des médecins, dont tous se sont accordés pour dire qu’elle ne doit pas passer uniquement par les visiteurs médicaux, Elisabeth Guigou a déploré que le Fonds de promotion de l’information médicale et médico-économique (Fopim) qu’elle avait mis en place en janvier 2002 ait été ensuite « enterré, faute de budget et sous la pression de l’industrie pharmaceutique », a-t-elle déclaré en citant le rapport Debré-Even.

Pour rappel, le laboratoire Servier a fait savoir au journal Les Echos qu’il disposerait d’une somme de 2 milliards d’euros. En outre, le groupe n’a aucune dette et serait en mesure d’indemniser financièrement les victimes du Mediator.

Action louable, mais le quotidien rapporte que le groupe pharmaceutique met actuellement une part d’argent de côté en prévision d’éventuelles indemnisations des victimes du Mediator.

Sinon, un fonds public a d’ores et déjà été mis en place par le gouvernement Fillon, et qui prévoit également de faire payer Servier en dernier recours.

3 Comments

  1. Stéphane dit :

    En essayant d’impliquer plusieurs intervenants dans ce dossier on ne fait que noyer le poisson…Seul le laboratoire Benfluorex-Servier à bénéficier des sommes d’argent engrangés par la commercialisation du MEDIATOR…( il s’agit de Milliards €)…le temps est venu pour qu’il mette la main a la poche sans craindre aucunement la ruine.

  2. stephane dit :

    Le Monde dans sont édition de la semaine dernière viens d’apporté une précision de taille..;il avance que Benfluorex-Servier, avait des doute quand aux effet secondaire du MEDIATOR.

  3. stephane dit :

    Décès avec Mediator*: confronté aux épidémiologistes, le Pr Acar reste sur ses positions PARIS, 12 mai 2011 (APM) - Le Pr Jean Acar, professeur de cardiologie retraité qui a contesté les estimations du nombre de décès causés par le benfluorex (Mediator*, Servier), a maintenu son point de vue jeudi lors d’une audition de la mission d’information de l’Assemblée nationale où il était confronté aux épidémiologistes qui ont fait ces estimations.
    Devant les députés, deux visions des choses ont été présentées, l’une médicale prenant les cas individuellement, l’autre statistique, avec deux positions qui ont semblé irréconciliables.
    Toutefois, plusieurs députés comme Jean Mallot (PS, Allier) et Jean-Luc Préel (Nouveau centre, Vendée), ont tenu à relativiser la question en débat, à savoir l’estimation du nombre de morts liés à Mediator*, en soulignant que l’important n’était pas le nombre précis de décès, mais le fait qu’il y en ait eu -ce que même le Pr Acar n’a pas contesté.
    Le seul à camper sur une position jusqu’au-boutiste fut finalement Jean Bardet (UMP, Val-d’Oise), qui depuis le début des auditions défend systématiquement le médicament. Qualifié d’ »avocat » du produit par le président de la mission Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne), il a terminé une tentative de démonstration de l’absence de preuve d’un risque avec le benfluorex (« 100% des gens finiront par mourir », donc on ne pourrait pas estimer le nombre de morts liés au produit) par une citation de Churchill: « les statistiques sont la forme la plus élaborée du mensonge » !
    Le Pr Acar, ancien chef de service de l’hôpital Tenon (Paris, AP-HP), a répété jeudi qu’il n’avait pas de lien d’intérêt avec Servier -tout en reconnaissant qu’une association qu’il a présidée dans le passé a pu avoir des financements de laboratoires pour ses congrès. Ce retraité depuis 1996 a réaffirmé que c’était de lui-même qu’il s’était intéressé au cas Mediator*, au point d’aller rechercher des données publiques pour en faire une critique qui elle-même a été rendue publique.
    Réexpliquant sa position qui a consisté à regarder un par un les cas de décès chez des personnes ayant pris Mediator*, ce spécialiste des valvulopathies a fait plusieurs remarques dont certaines peuvent soulever des questions. Mais celles-ci ont été ensuite contrées par Agnès Fournier et Mahmoud Zureik, de l’Inserm, les deux épidémiologistes à l’origine de l’hypothèse de 1.000 à 2.000 décès.
    Il a noté qu’on avait fait des extrapolations de la première étude de l’assurance maladie (conduite uniquement chez des diabétiques) à la deuxième étude de l’assurance maladie (sur tous les patients exposés, dont seuls la moitié d’entre eux étaient diabétiques, et qui en plus étaient plus jeunes). Il a ainsi estimé abusif d’appliquer à toute la population la multiplication par trois du risque de valvulopathie.
    Mais Mahmoud Zureik a noté que ce facteur trois était retrouvé même dans l’étude REGULATE menée par Servier, où un surrisque d’atteinte valvulaire avec le benfluorex a été observé. De même pour les analyses de cas menées par le Pr Bernard Iung de l’hôpital Bichat (Paris, AP-HP), dont il a rappelé qu’il était un « disciple » du Pr Acar.
    Le cardiologue a également souligné les incertitudes sur le devenir des valvulopathies causées par le benfluorex, estimant qu’elles pourraient être moins graves que d’autres valvulopathies. Agnès Fournier a au contraire suggéré que, de nombreux patients ayant des polyvalvulopathies avec le benfluorex, leur pronostic pourrait être plus grave.
    Un autre commentaire du Pr Acar a été totalement tourné à leur avantage par les épidémiologistes. Ainsi, quand le cardiologue note qu’une des études est basée notamment sur le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) qui classe les patients dans des groupes homogènes de malades et qui pourrait faire jusqu’à « 15 à 20% » d’erreur de classification, ils rappellent que ce type d’erreur tend à minimiser le risque. Le vrai risque pourrait donc être supérieur.
    Le Pr Acar est resté sur sa position. Réaffirmant qu’en étudiant les dossiers un par un on pouvait trouver d’autres causes de décès que le benfluorex pour la majorité des cas, il a conclu que -sans aller jusqu’au « mensonge » de Churchill- « le calcul statistique n’est pas la vérité cardiologique ».
    DANS LA CANICULE AUSSI, IDENTIFIER LES CAS UN PAR UN N’ETAIT PAS POSSIBLE
    Tout en admettant que les réflexions du cardiologue sont « pleines de bon sens », Mahmoud Zureik a d’abord rappelé que la méthode qu’avaient employée les épidémiologistes pour estimer le nombre de décès n’avait « rien d’original » et était couramment utilisée. Puis il a souligné le caractère « illusoire » de l’approche individuelle.
    Il a notamment pris l’exemple de la canicule de 2003 pour en montrer les défauts. Alors qu’il y a eu plus de 15.000 décès lors de la canicule, ce que personne ne conteste, « on n’a jamais su qui était décédé de la canicule ou d’autre chose, et si l’on prend les dossiers, il n’y a même pas 200 décès [pour lesquels la canicule a bien été identifiée comme la cause]; cela ne veut pas dire que les autres cas n’existent pas ».
    De la même façon, quand, dans une étude évaluant un médicament, on voit 50 guérisons avec le produit et 20 guérisons dans le groupe contrôle, cela veut dire que 30 guérisons sont imputables au médicament, mais il est impossible de dire qui sont ces 30 parmi les 50, a-t-il expliqué.
    fb/ab/APM [email protected]

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