Vaccination contre la grippe : Pourquoi faire, quand et comment ?

Dossier du mois : Vaccination contre la grippe : Pourquoi faire, quand et comment ?

Tout d’abord, la définition de la grippe s’impose. «C’est une infection respiratoire aiguë très contagieuse, provoquée par un virus. Souvent considérée comme une maladie bénigne, la grippe est pourtant responsable de nombreux décès, en particulier aux âges extrêmes de la vie et chez les personnes atteintes de certaines maladies respiratoires, cardiovasculaires, rénales ou encore de diabète…».

C’est ainsi que les spécialistes définissent l’infection qui attaque des millions de personnes dans le monde. En un mot, c’est une maladie au début brutal dont les conséquences peuvent être graves, voire dramatiques pour les personnes âgées ou malades.

Certes, la plupart des cas de grippe guérissent spontanément, mais les risques de complications associées à la maladie et la très importante contagiosité de la maladie inquiètent les médecins. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’existence d’un vaccin spécifique.

Selon l’OMS qui ne cesse d’analyser le développement du virus provoquant la grippe, «le vaccin est particulièrement recommandé aux personnes âgées de 65 et plus, à celles présentant des facteurs de risque particulier, ainsi qu’à l’entourage des nourrissons». L’évolution rapide du virus responsable de la grippe exige l’administration annuelle du vaccin.

Les statistiques !

Les chiffres ne réconfortent nullement les responsables de la Santé. En France, la grippe atteint annuellement 2 à 8 millions de personnes, tous les âges confondus. Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent 5 à 11% des cas. Entre 2001 et 2008, cette catégorie représente pourtant la quasi-totalité des décès liés à la grippe, voire 90%.

Les cas les plus spectaculaires sont ceux de la période épidémique. Des millions de cas annuels de grippe survenant en France provoquent un absentéisme évalué à 2 millions de journées de travail pour les épidémies faibles. Pire lorsqu’il s’agit d’épidémies intenses : Quelques 12 millions de journées de travail perturbent la vie économique et sociale (hôpitaux, écoles, industries…). Aux yeux des financiers, le coût de la grippe en médecine ambulatoire sont de 230 et 840 millions d’euros par an. Un chiffre énorme auxquels s’ajoutent les frais des hospitalisations et pertes de production.

La pierre angulaire de la prévention

Irréfutablement, la vaccination est le principal outil de la prévention de la grippe. Plusieurs facteurs le démontrent, à savoir son efficacité clinique clairement établie et qui réduit la morbidité et la mortalité. Et ce, en particulier chez les sujets âgés ou fragilisés. C’est pourquoi, le vaccin antigrippal est administré dans la prévention de la grippe. Tous les individus à partir de l’âge de 6 mois en sont concernés, notamment les femmes enceintes et les patients (adultes et enfants) atteints de certaines maladies chroniques.

Ces patients sont exposés au risque du développement des complications graves de la maladie. Ce qui met leur vie en péril. Cependant, l’Assurance Maladie prend en charge la vaccination antigrippale qui est surtout recommandée aux professionnels de santé. «Ces derniers sont exposés aux risques épidémiques et susceptibles de contaminer leurs patients et leur entourage. Depuis 2004, la recommandation de la vaccination antigrippale est étendue au personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et au personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides)», explique le ministère de la Santé qui encourage à l’administration dudit vaccin.

De quel vaccin s’agit-il ?

En France, on utilise bien des vaccins «inactivés». De quoi s’agit- il exactement ? Ces vaccins «inactivés» contiennent, selon les départements concernés, «des éléments de plusieurs souches de virus grippaux, choisis en fonction des virus en circulation et selon les recommandations de l’OMS. La composition du vaccin est décidée chaque année, en février» suite à des analyses et études approfondies sur le virus et son développement. Sur le marché, il existe un vaccin pour chaque cas. Il y en a un vaccin associant une protection contre la grippe et le tétanos. Celui-ci est destiné exclusivement aux adultes. Par ailleurs, il existe un vaccin destiné à certains patients âgés de 65 et plus, en particulier à ceux présentant des facteurs de risque de complications associées à la grippe. Ce vaccin spécifique a une particularité : il contient un adjuvant qui renforce son efficacité même pendant le développement imprévu du virus.

Quel schéma vaccinal ?

Le département de santé conseille l’administration du vaccin par voie intramusculaire. Il en a même définit les doses à prescrire :

– Pour les enfants de 6 à 35 mois : Une dose de 0,25 ml,

– Pour les enfants âgés de 36 mois ou plus et adultes : Une injection de 0,5 ml.

- Pour les enfants de moins de 9 ans n’ayant pas été infectés ou vaccinés auparavant, une seconde dose devra être injectée au moins quatre semaines plus tard.

Comment conserver un vaccin ?

Un vaccin peut-il être conservé ? Evidemment. Mais comment ? D’après les laboratoires, les consignes à suivre pour conserver un vaccin sont claires et simples : Ils doivent être «conservés à l’abri de la lumière, à une température comprise entre 2 et 8 °C », stipulent les notices. Et surtout, il est déconseillé de les congeler. Un vaccin doit être seulement rangé dans le réfrigérateur loin de la portée des enfants. Dans ce sens, il est inutile de rappeler qu’il ne faut pas le ranger dans les compartiments logés dans la porte où la température s’élève à chaque ouverture de la porte.

Et les contre-indications ?

Comme tout produit médical, le vaccin n’échappe pas à la règle des contre-indications. Cependant, à chaque vaccination, il est recommandé de s’assurer de l’absence de contre-indications. Dans ce but, votre médecin vous posera différentes questions relatives à votre état de santé et à vos antécédents médicaux. En cas de présence d’une contre-indication temporaire à la vaccination, celle- ci doit être différée. En revanche, une contre-indication définitive, inutile de se faire vacciner. Cette complication allergique de la vaccination est toutefois très rare, mais il faut s’en assurer auprès de votre médecin traitant. En somme, une contre-indication des vaccins contre la grippe est une sorte d’hypersensibilité avérée à l’une des substances entrant dans la composition du vaccin, aux œufs ou aux protéines de poulet.

Quand faut-il se faire vacciner ?

Cas pour cas le médecin en décide. La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année pour les personnes âgées de 65 ans et plus. Cela va de soi pour tout le monde. Elle est également recommandée chez les personnes, y compris les enfants âgés de 6 mois ou plus et chez les femmes enceintes, atteintes de certaines pathologies. Entre autres, les patients atteints des affections broncho pulmonaires chroniques (asthme et Broncho Pneumopathies Chroniques Obstructives : BPCO), insuffisances respiratoires chroniques, maladies respiratoires chroniques susceptibles d’être aggravées par la grippe (bronchite chronique, bronchiectasies, hyperréactivité bronchique), dysplasies broncho pulmonaires, mucoviscidose, cardiopathies congénitales, insuffisances cardiaques graves, valvulopathies graves, troubles du rythme graves, maladies des coronaires, antécédents d’accident vasculaire cérébral. Et ce n’est pas tout. Les personnes atteintes des formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, Poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot), paraplégies et tétraplégies avec atteinte diaphragmatique, néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques, drépanocytoses,

diabètes de type 1 et de type 2 et des déficits immunitaires primitifs ou acquis sont également invités à se faire vacciner. Par ailleurs, la vaccination contre la grippe est «aux personnes séjournant dans un établissement de soins ou dans un établissement d’hébergement médico-social (quel que soit leur âge), à l’entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois (qui ne peuvent eux-mêmes être vaccinés) présentant des facteurs de risque (prématurés, enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire), aux professionnels de santé et à tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes présentant des facteurs de risque de grippe sévère et aussi au personnel navigant des avions et des bateaux de croisière ainsi au personnel de l’industrie du tourisme accompagnant les groupes de voyageurs.

Mais qui peut vacciner ?

Une question pertinente qu’il faudrait préciser. Votre médecin traitant est le mieux placé pour cette mission délicate. Un médecin exerçant dans un centre de vaccination, votre médecin du travail ou encore par un infirmier sur prescription médicale peuvent vous faire vacciner. Des cas particuliers s’imposent alors, notamment quand il s’agit d’un enfant de moins de 7 ans. Celui-ci peut être vacciné dans un centre de Protection maternelle et infantile (PMI). Ces professionnels autorisés à administrer un vaccin sont sollicités de chercher les éventuelles contre-indications. Ils doivent impérativement expliquer aux patients les effets secondaires possibles du vaccin (douleur, fièvre, etc).

Y a-t-il des effets indésirables ?

Certainement, les effets indésirables ne manquent pas. Mais généralement, le vaccin contre la grippe est bien toléré. Seule une douleur au point d’injection est systématique. S’y ajoutent également des symptômes d’allure grippale telles les fièvres, les nausées et les douleurs musculaires. Celles-ci ne disparaissent qu’à partir de deux jours.

Quel est le processus de vaccination contre la grippe saisonnière cette année ?

A l’instar des autres années, l’Assurance maladie prend en charge à 100% le vaccin contre la grippe saisonnière pour les personnes ciblées par les recommandations vaccinales du HCSP. Une bonne nouvelle qui motive des dizaines de milliers d’assurer à s’administrer le vaccin. Ces personnes ciblées par le HCSP reçoivent un courrier d’invitation accompagné d’un imprimé de prise en charge nominatif.

Ainsi, les patients concernés par les nouvelles recommandations de vaccination dans le cadre de l’avis du HCSP du 16 février 2012, à savoir les femmes enceintes quel que soit le stade de la grossesse et les personnes obèses avec un IMC ≥40kg/m2, n’ayant pas été mentionnés dans la liste, peuvent tout de même se rendre chez leur médecin traitant. Il leur prescrira le vaccin. Chez lui, ils doivent récupérer un imprimé à compléter à leur nom. Ce document leur permettra de retirer gratuitement le vaccin en pharmacie d’officine.

Il est à rappeler que les personnes ayant reçu un bon de vaccination de l’Assurance Maladie doivent se faire vacciner sans attendre. Et d’ajouter que les patients n’ayant pas reçu de bon de vaccination de l’Assurance Maladie et qui représentent un risque de développer une forme grave de grippe doivent en parler dans l’immédiat à leur médecin traitant. L’Assurance Maladie prend en charge à 100%.

Comment un médecin peut-il se procurer les imprimés vierges de prise en charge des vaccins ?

Il suffit de le télécharger sur l’«espace pro» du site Ameli. Plus précisément, chaque médecin peut le télécharger dans la rubrique « commande de formulaires » dudit site. En cas d’impossibilité d’accès à son «espace pro», il n’a qu’à le demander à sa caisse d’assurance maladie par messagerie ou un jeu d’imprimés par courrier.

Suite Dossier du mois :

Encadré 1 : Personnes ciblées par les recommandations vaccinales 2012-2013 contre la grippe

Encadré 2 : Quelle est la composition du vaccin contre la grippe pour la saison 2012-2013 ?

 

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