La sécurisation de l’emploi déplait plus d’un. La récente séance de négociation a été très tendue surtout que le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) veut plus que jamais flexibiliser le CDI et insécuriser les salariés.
Même son de cloche chez certains groupements financiers qui se mobilisent pour soutenir le Patronat dans leur bras de fer contre les syndicats les plus représentatifs, à savoir la CGT, CFDT, CFTC, FO et la CFE-CGC. Ces derniers prennent le gouvernement au mot quand il souhaite que le CDI redevienne « la forme normale d’embauche ».
En revanche, le patronat sort l’artillerie lourde pour le rendre plus flexible. Et ce n’est pas tout : le patronat exige d’allonger la période d’essai, réduire le montant des dommages et intérêts en cas de rupture de contrat ou s’interroger sur les conséquences d’une lettre de licenciement imprécise, etc. Plus précisément, il cherche à obtenir une période d’essai d’un an, alors que des périodes de six mois existent déjà dans certains cas.
Aux yeux des syndicalistes cette requête met en danger les droits du salarié et risque d’entraver l’emploi. Pour argument : «Si la période d’essai est rallongée, les embauches en CDI pourront remplacer celles en CDD, mais avec la possibilité de se séparer des salariés du jour au lendemain, sans prime de précarité », crient-ils.
Par ailleurs, le MEDEF revient sur tout ça : «Il faut apaiser la peur d’embaucher … et arrêter de dire qu’en donnant plus de flexibilité, il va y avoir plus de recrutements, ça va plutôt faire grimper le nombre de chômeurs ». Et ce n’est pas tout : il propose d’autres avantages plus alléchants, à savoir une modulation des cotisations sociales, et notamment de l’assurance chômage, sur les contrats précaires (CDD, intérim…).
Une vision que partage l’ensemble des syndicats. La CFDT expose la thèse de la cotisation d’assurance chômage : «Il faudrait encadrer les temps partiels, pour qu’ils ne puissent pas tomber sous le seuil de pauvreté ». Une idée applaudie par le patronat qui projette déjà la dégressivité des allocations pour les chômeurs, soi-disant pour favoriser le retour à l’emploi.
En un mot : Flexibiliser le CDI et sanctionner les chômeurs est la recette magique du MEDEF contre la précarité. C’est ce que les syndicalistes refusent catégoriquement. Surtout que les chiffres sont inquiétants : «Le nombre d’intérimaires s’établit à 596 200, soit une hausse de 1,6 % en mois d’août dernier. Sur un an, la baisse de 8,1 % reste considérable, avec 52 900 intérimaires en moins. Sur l’année, les effectifs masculins baissent moins vite que ceux de leurs homologues féminins. L’industrie regroupe toujours 45,6 % des intérimaires », poursuivent-ils.
Et de conclure : «Le secteur et le tertiaire voient leurs effectifs respectivement augmenter en août dernier de 1,1 % et de 3,4 %, alors que les effectifs baissent dans la
construction de 0,1 % ». Ce qui met en question la thèse du patronat qui aux yeux des syndicalistes n’arrangent pas l’emploi déjà en crise.

