Médecins spécialistes : radiologues, chirurgiens et anesthésistes au-dessus du lot !

Opérations au laser, recours au scanner, implants…. Grâce au progrès technique, certains médecins spécialistes voient leurs revenus exploser, mais d’autres rament.

Ces spécialistes de l’image n’apprécient guère qu’on touche à la leur. Pourtant, même s’ils s’en vantent rarement, les radiologues sont parmi les mieux lotis des blouses blanches : leur revenu annuel net atteignait 150000 Euros en 1997, selon une étude du ministère de l’Emploi. Et encore ne s’agit-il là que d’une moyenne : sous couvert d’anonymat, ce neuro- radiologue parisien, officiant dans deux cliniques de renom, reconnaît avoir touché 4 millions Euros en 2012.

Certes, tous les médecins ne gagnent pas autant. Et peu de professions connaissent de telles disparités salariales : entre le généraliste installé en zone rurale et le pro du lifting n’opérant pas vraiment à l’œil, l’écart peut aller de un à huit. Ces derniers temps, nos praticiens ont beaucoup ferraillé contre Alain Juppé puis contre Martine Aubry, soupçonnés de vouloir instaurer une maîtrise comptable des dépenses de santé. Leurs revenus n’en ont pas moins continué à croître (de 2,8% par an entre 1992 et 2012). Et, aujourd’hui plus que jamais, certains spécialistes tirent clairement leur seringue du jeu, qu’il s’agisse des anesthésistes (160 000 € net par an en moyenne ), des chirurgiens (150 000 €) ou des cardiologues (120 000 €).

Ainsi, miser sur les pathologies du vieillissement est un bon plan : les chirurgiens orthopédistes, comme ceux qui opèrent la cataracte, ne manquent pas de travail. Autre créneau porteur : les spécialités bénéficiant de l’amélioration des techniques médicales. Un dentiste pratiquant l’implantologie peut gagner jusqu’à 18 000 € net par mois. Idem pour un ophtalmologue traitant les myopies au laser. A noter que ces spécialistes ont souvent opté pour le secteur 2 (non conventionné), où les prix sont libres : ils dépendent du pouvoir d’achat du patient… ou de la générosité de sa mutuelle.

Un généraliste gagne en moyenne 52 000 € par an

En comparaison, les médecins généralistes font figure de parents pauvres, d’autant qu’ils sont majoritairement inscrits en secteur 1 (où c’est le ministère qui fixe les tarifs). Ces praticiens de base (qui représentent la moitié des 230 000 médecins libéraux) gagnent ainsi 52 000 € net par an en moyenne. Rien d’exceptionnel quand on a fait plus de huit ans d’études, et qu’on travaille 50 à 60 heures par semaine.

En théorie, l’hôpital se veut plus égalitaire : la rémunération des praticiens hospitaliers est fonction de l’ancienneté, quelle que soit la spécialité choisie : de 40 000 € brut en début de carrière à 80 000 € à l‘aube de la retraite. Mais, là encore, certains médecins s’en sortent mieux que d’autres : 40% d’entre eux bénéficient de revenus annexes. Premier complément possible : les gardes. En anesthésie, elles peuvent rapporter 1500 € supplémentaires par mois. Mais au prix d’horaires insensés, qui auraient de quoi inquiéter les patients…

Autres revenus annexes, nettement plus importants : ceux que procure l’activité libérale. Deux demi-journées par semaine, certains praticiens du secteur public sont en effet autorisés à recevoir une clientèle privée, en utilisant les infrastructures (blocs opératoires, lits, etc) de l’hôpital. Ce moyen de les inciter à ne pas s’exiler dans le privé est très efficace. Un quart des urologues et plus de la moitié des neurochirurgiens recourent à cette facilité, d’autant plus lucrative que les tarifs sont libres : 150 € la consultation chez une star de l’urologie et 8 000 € pour un pontage coronarien. Quant à ce mandarin de Cochin, il toucherait 8000 € pour chaque pose de prothèse de hanche. A raison de six interventions par semaine, cela représente 300 000 € net par an.

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