Les mutuelles elles ne suffisent plus !
Dans ce service d�odontologie rattach� � un grand h�pital de l�Assistance publique de Paris, la liste d�attente (sauf cas d�urgence) est de plusieurs mois. Il y a cinq ans, elle n��tait que de quelques semaines. Apr�s une s�rie de consultations sur votre �tat bucco-dentaire par un(e) �tudiant(e) de quatri�me ou de cinqui�me ann�e sous le contr�le d�un m�decin hospitalier, les soins d�buteront bien plus tard. Ici, on pr�cise que les soins ne sont jamais gratuits : vous payez le ticket mod�rateur. Les proth�ses sont r�alis�es sur devis. Si vous avez une mutuelle, vous serez rembours�s en partie de certains d�passements.
Mais si la proth�se est totalement inconnue de la S�curit� sociale, vous risquez de la financer en totalit�, comme dans un cabinet priv�.
Si vous adh�rez � une mutuelle, vous avez acc�s � des centres dentaires mutualistes, qui vous dispensent aussi de l�avance des frais. Dans ce cas, vous serez rembours�s (ou pris en charge) selon les garanties pr�vues par votre contrat.
Certaines mutuelles, en g�n�ral des mutuelles d�entreprise, prennent en charge 100% des frais r�els (y compris les actes et proth�ses hors nomenclature).
Il ne faut pas confondre les mutuelles qui rel�vent du code de la mutualit� (fond� sur la solidarit�, comme la MGEN, la MGPTT, les mutuelles d�entreprise ou par branche d�activit�) avec les mutuelles d�assurance, qui rel�vent, elles, du code des assurances. Leur logique est la rentabilit�.
Profitant du d�sengagement de l�assurance maladie, elles arrivent en force (ainsi que les grandes compagnies d�assurance) sur le cr�neau de la sant�.
Les soins dentaires repr�senteraient d�j� 10% � 35% de l�activit� des assurances.
Une couverture difficile � tirer
Les mutuelles ont quelques raisons d�avoir une dent contre la S�curit� sociale. Selon les comptes nationaux de la sant�, en 1980, pour le seul financement des d�penses dentaires, les m�nages payaient environ 42% des frais, la S�cu 48,5% et les mutuelles un peu moins de 10%.
En 1996, les m�nages d�boursent moins de 39% (on soigne moins ses dents) mais la prise en charge S�cu a chut� � moins de 32% et les mutuelles (relay�es d�sormais par les assurances) bouchent le trou � raison de pr�s de 30% ! Sur la base du tarif de responsabilit� de la S�curit� sociale (un prix plafond d�terminant votre prise en charge, � 70%), les mutuelles proposent des remboursements allant jusqu�� 300% du tarif conventionnel. A ne pas confondre avec le co�t r�el !
Pour une famille de quatre personnes (deux adultes et deux enfants), la couverture sociale compl�mentaire devient difficile � tirer.
Les proth�ses non inscrites dans la nomenclature ainsi que la parodontologie restent �galement ignor�es de la plupart des mutuelles.
Toutefois, certaines peuvent proposer des forfaits, sur des soins de parodontologie et des remboursements pour un implant.
Voici des r�ponses int�ressantes de la part des professionnels de la sant� !
Les centres mutualistes sont-ils moins chers que les cabinets priv�s ?
Les centres mutualistes essaient d�avoir une tarification la plus adapt�e possible et garantissant la qualit�.
Le Secteur est, par nature, m�dical ; malheureusement la faiblesse des taux de remboursement des proth�ses par la S�curit� sociale a laiss� une large part � des objectifs financiers.
Pour preuve la perc�e sur le march� d�offres de proth�ses �trang�res, qui nuit autant aux professionnels m�dicaux qu�aux proth�sistes.
Nous recherchons le meilleur rapport qualit�-prix avec s�curit�, hygi�ne et pr�vention, conseils et suivi des travaux proth�tiques : si vous cassez votre proth�se accidentellement quelque temps apr�s la pose, on vous la remplace gratuitement.
Y a-t-il des limites � vos activit�s ?
Les centres ne pratiquent ni implantologie ni parodontologie, mais nous le revendiquons, parce que tout �a est hors nomenclature, donc non rembours� par la S�curit� sociale.
En ce qui concerne les d�passements autoris�s sur les proth�ses, nous les facturons aussi, mais � avec tact et mesure �.
Outre l�aspect financier, quel est l�int�r�t d�adh�rer � une mutuelle ?
C�est la garantie de l�acc�s aux soins sur des bases de solidarit�. Quand vous venez adh�rer, nous ne faisons pas de s�lection, nous ne vous demandons pas votre �tat de sant�. Chez nous, l�individu n�est pas consid�r� comme un malade potentiel.
Les Fran�ais fr�quentent de moins en moins le dentiste parce qu�il est devenu trop cher. Qu�en pensez-vous ?
On va chez le dentiste quand on a mal, ce qui n�est pas normal. Une carie, par exemple, on peut toujours la pr�venir. Ou la traiter avant que la dent soit ab�m�e.
Si l�on a mal, il est d�j� trop tard. Les soins dentaires comme ceux des caries, les obturations de caries, l�extraction d�une dent, sont bien rembours�s.
Pourtant, le traitement des parodontopathies, qui permettrait de conserver ses dents le plus longtemps possible, n�est pas du tout pris en charge�
Les parodontopathies sont la cons�quence d�une n�gligence du patient en mati�re d�hygi�ne dentaire. Seule est prise en charge l�incision de la gencive, ou gingivectomie.
Mais elle doit �tre suivie d�un traitement lourd, qui reste � la charge du patient. C�est regrettable.
Estimez-vous normal que, pour des raisons financi�res, on h�site de plus en plus � se faire remplacer une dent ab�m�e lorsqu�elle ne se voit pas ?A la facult� dentaire, on apprend que toute dent absente doit �tre obligatoirement remplac�e.
C�est une grosse diff�rence avec la nomenclature : sauf pour les dents de devant, il faut qu�il vous reste moins de cinq couples molaires/pr�molaires en face l�une de l�autre � en antagonisme � pour se voir accorder une proth�se (dentier ou dents sur pivot) !
C�est un effet pervers de la nomenclature. Il faut modifier les conditions d�attribution.
Il y a longtemps qu�on parle d�am�liorer la prise en charge des soins et des proth�ses dentaires, mais on ne voit toujours rien venir�
En gros, la nomenclature n�a pas �volu� depuis 1972. Les soins conservateurs sont des actes sinistr�s ! Depuis, les techniques ont progress�, les mat�riaux aussi.
La nomenclature qui s�applique � tous les praticiens de l�art dentaire, est un catalogue �tabli entre les caisses de S�curit� sociale et les professionnels de sant�. Mais seul le minist�re charg� de la S�curit� sociale est habilit� � le modifier. La nouvelle classification des actes m�dicaux n�est pas tout a fait ce qu�il faut !