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Proth�ses et soins dentaires
Depuis longtemps les dentistes ne sont plus des arracheurs de dents. Pourtant, un syst�me pervers les oblige � continuer � mentir. Ou du moins � tricher. Par exemple en surfacturant les proth�ses pour compenser les soins sous-pay�s. Une compensation qui ne fonctionne plus pour cause de crise �conomique. Les mutuelles elles-m�mes ne suivent plus. Un choix politique peut �viter le naufrage Selon le Credes (Centre de recherche, d��tude et de documentation en �conomie de la sant�), un Fran�ais sur quatre a renonc� � se soigner pour des motifs financiers en 1996. Les soins dentaires sont les plus touch�s : ils repr�sentent 42,6% des restrictions, loin devant les consultations chez le m�decin g�n�raliste et les examens (29,1%), les lunettes (15,8%), la kin�sith�rapie (4,2%) et la pharmacie (3,6%). Les dents sont de plus en plus ignor�es par l�assurance maladie : selon les comptes nationaux de la sant�, la prise en charge avait chut� de plus de 16% entre 1980 et 2000. De son c�t�, l�UFCB-Union dentaire indique que 27% des endocardites bact�riennes (d�g�n�rescences des valves cardiaques) sont li�es � des probl�mes dentaires. Une femme enceinte qui souffre de maladies parodontales voit accro�tre le risque de mettre au monde un enfant pr�matur�. Pourtant on apprend dans les facult�s dentaires � pr�server au maximum les dents naturelles, et, gr�ce aux implants (notamment), l�antique r�telier devrait enfin �tre remis� au magasin des accessoires. Mais la nomenclature des actes professionnels, ce fameux catalogue r�pertoriant ce qui (soins ou proth�se) est pris en charge par l�assurance maladie, date de�1972 ! Des pans entiers de l�art dentaire sont d�sormais � la charge du patient : bridges, implants et la totalit� de la parodontologie (discipline qui traite les maladies du parodonte, ensemble des tissus de soutien de la dent : os, ligament, gencive). R�sumons : de la carie � l�extraction dentaire, la S�cu vous couvre � 70%. Mais quand il va falloir remplacer la (ou les) dent(s) manquante(s), c�est vous qui passerez � la caisse. Un bridge � la fran�aise Il existe quelques fa�ons de contourner l�obstacle. Au lieu de demander un bridge sur trois dents par exemple (la S�cu ne parle pas anglais !), votre praticien indiquera deux couronnes et un appareil en r�sine entre les deux, une proth�se interm�diaire. Ce qui se traduira par un d�passement de tarif (� votre charge, sur entente directe avec devis obligatoire) sur l�appareil interm�diaire. Mais qui risque aussi de vous �tre refus� si l�une des deux dents-piliers n�est pas assez d�labr�e pour justifier la pose d�une couronne. Logique : la S�cu ne rembourse pas un � pilier � mais une couronne. Vous devrez donc souffrir d�une carie qui justifie ce type de proth�se. Compr�hensif, votre dentiste peut vous proposer d�ab�mer votre dent saine pour vous faire b�n�ficier d�un � bridge � � la fran�aise� Vous pouvez refuser. Mais attention aux probl�mes de mastication qui, dix ou quinze ans plus tard, d�clencheront des affections digestives. Il y a pire. Pour qu�un appareil dentaire soit rembours�, il doit vous manquer plus de cinq dents n�cessaires � la mastication (c�est-�-dire en haut et en bas). Si vous en conservez une ou deux entre les trous, la S�cu consid�re qu�elle n�a rien � payer. Il ne vous reste plus qu�� vous les faire arracher pour que la situation soit claire ! Enfin, tout acte li� � un soin ou � une proth�se hors nomenclature sera, de ce fait, exclu du remboursement (un scanner avant la mise en place d�un implant, ou une couronne r�alis�e sur un implant, par exemple). Comment en est-on arriv� l� ? � La moiti� de l�exercice actuel des dentistes �tant hors nomenclature, souvent le dentiste int�gre son suppl�ment de r�mun�ration dans la facturation de la proth�se �, Par exemple le cas de la d�vitalisation (enl�vement du nerf) d�une molaire : � Un acte long et qui doit �tre effectu� parfaitement �. Il est r�mun�r� 60 � en France, 140 � en Italie et 135 � en Allemagne. Pour �viter de travailler � perte, le dentiste va donc � faire de la proth�se �. Une compensation qui a bien fonctionn� pendant vingt ans. Aujourd�hui, les dentistes d�noncent un syst�me qui pousse au crime. Et une m�decine � plusieurs vitesses. Priv�s de proth�ses (les patients n�ont pas les moyens), les cabinets des quartiers pauvres risquent de ne plus pouvoir assurer correctement la s�curit� des soins, faute de pouvoir investir dans du mat�riel d�aseptie. Depuis 20 ans, la profession ne s�y retrouve plus. S�il existait une prise en charge accrue des soins, on pourrait diminuer le nombre des proth�ses mais aussi leur co�t, Il y a m�me des praticiens qui se d�clarent pr�ts � baisser le prix de leurs proth�ses s�ils peuvent vivre des soins. Il n�existe aucune �tude fran�aise sur cette technique de scellement ! Depuis vingt ans, quantit� d��tudes ont certes �t� r�alis�es. A l��tranger. Pas en France. Or, Pour mettre au point un protocole officiel, le seul qui permette la prise en charge par la S�curit� sociale, il faut une �tude officielle. � Il faudra quand m�me inclure les scellements dans la nomenclature, estime-t-on � la CNAMTS. Mais surtout faire comprendre que les caries ne sont pas in�luctables. On pourra ainsi reporter les �conomies r�alis�es vers la parodontopathie (une pathologie li�e � l�allongement de la vie), et aussi sur la prise en charge des proth�ses. �. Mieux vaut une visite chez le dentiste tous les six mois qu�une carie non soign�e qui exigera vite une proth�se mal (ou pas) rembours�e. Pour tout travail de proth�se, exigez syst�matiquement un devis, celui-ci est obligatoire. Pour le praticien, c�est le seul contrat qui prouve que les soins ont �t� accept�s et r�alis�s. Pour le patient, c�est aussi une garantie : si vous avez pay� une couronne en c�ramique et que vous vous retrouviez avec une couronne d�finitive en r�sine (la r�sine est normalement r�serv�e aux appareils provisoires), vous n�avez sans cela aucun recours en cas de litige. Fin 2000 la mise en place d�une nomenclature (640 actes d�j� r�pertori�s contre 50 � 70). Les dentistes se plaignent d��tre contraints de travailler � l��conomie : � Au lieu d�une proth�se de hanche, on vous fait une jambe de bois ! On a quarante ans de retard ! � |
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