Appâtés par les 5 millions de voitures achetées chaque année, dont 80% à crédit, les organismes prêteurs se livrent une concurrence acharnée. Les constructeurs, qui contrôlent près de 50% du marché du crédit automobile, sont désormais attaqués par les banques, les mutuelles d’assurances (via leur filiale commune, la Socram) et les établissements spécialisés dans le crédit à la consommation, tels le Cetelem ou Cofidis. Même la grande distribution, Carrefour et Leclerc en tête, joue les trouble-fête. C’est à qui proposera le meilleur taux. Du coup, il est possible aujourd’hui d’emprunter autour de 5 à 6%.
Mais les apparences sont parfois trompeuses. Chez les banquiers, par exemple, vous devrez ajouter au taux affiché entre 70 et 120 euros de frais de dossier et, dans les établissements spécialisés, il faudra souvent compter, avec une assurance perte d’emploi, autour de 0,5% du montant emprunté.
Principale conclusion : les établissement spécialisés sont à éviter, leurs taux se situant toujours 1 ou 2 points au-dessus des autres, sauf promotion exceptionnelles sur 24 ou 36 mois. Sachez surtout que le prix de votre voiture et la fréquence avec laquelle vous en changez doivent guider votre choix, certains établissements étant plus compétitifs dans tel cas que dans tel autre. Ainsi, les banques font un effort particulier pour les grosses cylindrées à plus de 30 000 euros. De leur côté, les grands magasins et les mutuelles d’assurances privilégient les acquéreurs de véhicules de moyenne gamme et d’occasion à moins de 15 000 euros. Quant aux concessionnaires, leurs crédits classiques sont en général très chers. Mais ce sont les seuls à proposer la formule, intermédiaire entre l’achat et la location, du crédit « ballon », particulièrement intéressante pour ceux qui changent souvent de voiture.
Vous achetez une voiture chère : passez plutôt par votre banque.
Dans la plupart des cas, votre banquier vous proposera un prêt plus avantageux que le constructeur. Surtout si vous achetez une voiture haut de gamme. Logique : quand on investit 30 000 euros dans un Espace ou une BMW, on dispose à priori de revenus importants. Votre banque est alors prête à consentir de gros efforts sur ses taux, sachant qu’elle pourra gagner de l’argent sur les placements que vous souscrirez par ailleurs. Mieux, ce prêt vous permettra de payer comptant le vendeur, donc de négocier une remise de 5 à 10% ou de décrocher une option en plus.
Les meilleures offres bancaires débutent, hors frais de dossier et d’assurances, à 4,40% pour un crédit sur un an au Crédit mutuel et à 5,45% pour un crédit entre un et cinq ans au Crédit agricole. Mais attention, vous devrez fournir au moins 20% d’apport personnel. Pour réduire encore le coût du crédit, comptez aussi sur la marge de manœuvre de votre chargé de compte. Les offres des autres organismes financiers sont nettement moins attractives. Seule la Socram affiche un taux encore compétitif, quelle que soit la durée de l’emprunt. Mais il faut assurer le véhicule dans l’une des mutuelles qui contrôlent cet organisme (Camif, Maif, Maaf). Comme les constructeurs (7,5 à 9% chez Volkswagen et Ford), les établissements spécialisés et les hypers, ils sont hors course.
Vous changez rarement de voiture : guettez les offres promotionnelles
Comme 80% des conducteurs, vous achetez une voiture neuve tous les six à sept ans. Vous n’êtes donc pas à quelques semaines près quand vient le moment de changer. Idéal pour profiter des promotions qui fleurissent tout au long de l’année. Dès le mois de mai, les constructeurs soldent leurs modèles neufs en proposant des taux parfois inférieurs de 1,5 point au taux habituel. Pour une voiture de 13 000 euros, emprunter sur trois ans à 5% au lieu de 6,5% vous fera ainsi économiser .
Avant les vacances d’été, les banques et les enseignes de la grande distribution font aussi des efforts pour pousser à l’achat des nouveaux modèles (les Centres Leclerc, Le mondial de l’auto, qui se tient tous les deux ans, donne lieu aussi à des promos intéressantes, le Crédit lyonnais et d’autres aussi). Hors promotions les taux sont moins intéressants. Ou assortis de clauses contraignantes.
Pour obtenir un taux plus compétitif, vous pouvez aussi raccourcir la durée d’emprunt, ce qui, aux yeux du prêteur, réduit le risque d’incident de paiement. Sur une durée inférieure à 36 mois, les taux alors chutent.
Vous changez souvent de véhicule : prenez un crédit ballon
La formule du crédit ballon, introduite en France en 1995, est proposée par la plupart des constructeurs automobiles. C’est la mieux adaptée si vous renouvelez systématiquement votre véhicule tous les deux à trois ans. Moyennant un apport personnel de 5 à 25% du prix d’achat, vous partirez au volant d’une voiture neuve en réglant, durant cette période, des mensualités bien inférieures à celles d’un prêt classique : environ 350 euros par mois pour un financement de 15 000 euros sur deux ans, contre près de 650 euros avec un crédit à 6%. L’explication ? La dernière échéance du crédit (le ballon) est très élevée, de l’ordre de 50% du prix du véhicule. Mais, et c’est l’astuce, vous pouvez éviter de la payer : il suffit de rendre la voiture au concessionnaire (à un prix garanti par contrat) et de repartir avec une voiture neuve, financée par un nouveau crédit ballon. Et ainsi de suite. Autre avantage de ce crédit : vous bénéficiez de toute une panoplie de services intégrés (contrats d’entretient, d’assistance dépannage et d’assurance vol-destruction).
Mais que se passe-t-il le jour où vous quittez le système ? Soit vous rendez le véhicule et vous ne devez plus rien, auquel cas tout va bien. Soit vous payez la somme restant due (50% du pris d’achat) et vous conservez la voiture. L’addition est alors salée. Moralité : essayer le crédit ballon, c’est l’adopter pour très longtemps. Et il est vivement conseillé de n’en sortir que le jour où on n’a plus besoin d’un véhicule… |
Vous achetez une voiture d’occasion : testez le Crédit mutuel
Si vous ne pouvez pas y mettre plus de 7 500 euros, votre voiture sera sans doute une occasion. Sachez, alors, que les taux de crédit sont généralement supérieurs de 1 à 2 points à ceux consentis pour le neuf. A qui la faute ? Aux statistiques, qui font apparaître plus de risques d’impayés. Heureusement, quelques organismes font des efforts sur ce créneau. Ils vont même jusqu’à proposer des taux identiques, voire inférieurs à ceux du neuf. C’est le cas du Crédit mutuel, de Carrefour ou de la Socram. En tout cas, évitez les prêteurs qui pénalisent d’office l’achat d’occasions ( Leclerc , Auchan , Crédit lyonnais ) …
Si vous achetez chez un concessionnaire parce que vous souhaitez une voiture en excellent état, avec une garantie de six mois ou d’un an, n’y souscrivez surtout pas de crédit. Beaucoup trop cher ! Les taux varies tellement (chez Volkswagen, Peugeot, Citroën, Ford ..)
Enfin, regardez à deux fois les publicités des organismes spécialisés comme Sofinco, Cofinoga ou Cetelem, même s’ils font miroiter des taux attractifs. En réalité, les conditions sont souvent draconiennes : il faut, par exemple, emprunter plus de 4500 euros sur une durée maximale de vingt-quatre mois. Et si cela ne correspond pas à votre budget, vous risquez d’être piégé : on vous poussera vers un autre crédit, cette fois peu compétitif.
Vous achetez une voiture rouge, vous habitez la Côte d’Azur et vous avez un animal de compagnie ? Sachez que vous risquez de payer votre crédit auto au prix fort. Et oui ! Les banquiers cherchent actuellement à personnaliser au maximum leurs conditions de prêt, en s’appuyant sur des études de comportement.
Le rouge, couleur préférée des flambeurs, serait ainsi un facteur de risque. Et la douceur du climat entraînerait une certaine insouciance, propice à l’oubli des traites. Même le fait de posséder un chien serait un facteur négatif. L’explication ? Aucune, si ce n’est que les statistiques montrent bel et bien que les propriétaires de toutou remboursent, en moyenne, moins bien leurs dettes que les autres. On s’aperçoit aussi que certains critères, en étant recoupés, accentuent dangereusement le risque d’insolvabilité du client. Ainsi, si vous avez moins de 25 ans, grillez cigarette sur cigarette et vivez dans une ville de plus de 100 000 habitants, vous êtes censé avoir des problèmes dans les dix-huit mois qui viennent. Bientôt, les banquiers iront jusqu’à appliquer un taux de crédit pour chaque client, en fonction du risque qu’il représente, comme le font déjà les assureurs, notamment en auto. Pour cela, aucun détail ne sera négligé. Aujourd’hui, les experts sont même capables d’attribuer une note selon que l’emprunteur préfère telle marque de lessive, de café ou de dentifrice… Bref, en souscrivant votre prêt, gardez-vous de raconter votre vie à votre banquier. Qui sait si votre amour pour Wagner, l’andouillette ou le trekking ne gonflera pas la note ?
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